5 min 14 avril 2026

«Mon premier rêve professionnel était de devenir footballeur»

Le para-snowboardeur Aron Fahrni évoque l’importance de sa médaille de bronze. Il explique aussi comment les Jeux paralympiques de cette année lui ont permis de découvrir une nouvelle dimension du sport professionnel.

INTERVIEW: EVA ZWAHLEN

Magazine ASD: Monsieur Fahrni, vous avez remporté le bronze en snowboardcross aux Jeux paralympiques de cette année en Italie. Avec le recul, que signifie ce succès pour vous, personnellement et pour votre jeune carrière en para-snowboard?
Aron Fahrni: Ce résultat me montre que, ces dernières années, nous avons travaillé efficacement en équipe, avec les bonnes approches d’entraînement. Il m’a aussi permis de gagner en visibilité à l’échelle de la Suisse et de recevoir davantage de sollicitations pour des apparitions publiques. Je dois bien coordonner celles-ci afin de conserver assez de temps pour m’entraîner. Au-delà de cela, ce succès m’offre la possibilité de valoriser ma carrière. Mais ce travail considérable ne fait que commencer. De manière générale, je peux dire que ma participation aux Jeux paralympiques m’a fait découvrir une nouvelle dimension du sport. Avant cela, j’avais du mal à imaginer un événement d’une telle ampleur et je ne savais pas tout ce qui m’attendait en dehors de la compétition. Le travail médiatique, en particulier, ainsi que les déplacements longs et parfois contraignants, se sont révélés assez éprouvants.

Avant d’être snowboardeur professionnel, vous avez étudié les sciences du sport et la musicologie. Avez-vous déjà rêvé d’un tout autre métier?
Mon premier rêve professionnel était de devenir footballeur. Plus tard, j’ai voulu être enseignant et donner des cours de sport au gymnase. C’est pour cela que j’ai étudié les sciences du sport. Aujourd’hui, je suis heureux dans mon métier de snowboardeur professionnel, car c’est sans doute l’un des plus polyvalents. Je peux travailler chaque jour sur moi-même, physiquement comme mentalement. J’ai beaucoup de contacts avec les autres, tout en restant responsable de mes performances. A cela s’ajoutent l’entretien du matériel, de nombreuses tâches organisationnelles ainsi que le travail médiatique et de relations publiques. En même temps, ce métier me laisse une grande liberté d’organisation, notamment pour l’entraînement estival. Je peux donc aider sur l’exploitation agricole de mes parents ou consacrer du temps à des visites dans des écoles. Lors de ces interventions, j’essaie d’offrir aux élèves un premier contact, souvent inédit, avec les réalités des limitations physiques.

Aron Fahrni a remporté une médaille de bronze aux Jeux paralympiques de cette année (Photo: Swiss Paralympic/Gabriel Monnet).

Les médias s’intéressent à votre carrière et à votre vie privée. Pouvez-vous nous révéler une particularité et un talent encore inconnus du public?
Je suis extrêmement doué pour terminer les choses à la toute dernière minute. Par exemple, j’ai envoyé mon travail de bachelor par la poste vraiment au dernier moment. En fait, j’étais même le dernier client servi! Cette particularité se retrouve aussi dans mes rendez-vous: j’arrive presque toujours pile à l’heure. Quant à un talent, je m’intéresse à une grande variété de sujets et je peux facilement m’enthousiasmer. Cela me permet d’apprendre sans cesse de nouvelles choses.

Y a-t-il une personne célèbre que vous aimeriez rencontrer un jour?
Pas vraiment, non. Je me concentre davantage sur des valeurs et des principes. Cela dit, je suis conscient que certaines personnes trouvent de l’inspiration ou de la motivation auprès de personnalités connues, et je trouve cela très beau.

Et puisqu’il s’agit ici du Magazine Aide et soins à domicile: quelles sont vos expériences avec l’aide et les soins à domicile?
Je n’ai pas eu d’expérience directe, car j’ai toujours été pris en charge à l’hôpital ou à domicile par ma famille. En revanche, mon grand-père, qui vivait dans la maison voisine, a bénéficié du soutien de l’Aide et soins à domicile l’an dernier. A mes yeux, il s’agit d’une prestation extrêmement précieuse, qui permet aux personnes en situation de handicap de continuer à vivre chez elles et de rester dans leur environnement familier. L’une des difficultés réside, selon moi, dans l’acceptation du fait de devoir déléguer des tâches que l’on accomplissait auparavant de manière autonome. Avec un personnel compréhensif, ce défi peut toutefois être surmonté.

A propos d’Aron Fahrni
Originaire d’Oberthal (BE), Aron Fahrni fait partie de l’élite mondiale du para-snowboard. Le Bernois de 27 ans est arrivé au sport de haut niveau un peu par hasard: en 2020, l’entraîneur national Silvan Hofer l’aborde lors d’un cours J + S et l’invite à un camp d’entraînement. Depuis 2021, il est membre de l’équipe suisse de para-snowboard. Son handicap remonte à un accident de téléski à l’âge de 6 ans, lors duquel des nerfs de son bras gauche ont été gravement endommagés. Après avoir effectué l’école de recrues pour sportifs d’élite à Macolin, Aron Fahrni devient athlète professionnel. Il s’entraîne avec des athlètes de Swiss Snowboard évoluant en Coupe d’Europe. En 2023, il remporte l’or en banked slalom et l’argent en snowboardcross aux Championnats du monde de La Molina, puis décroche l’argent en cross aux Mondiaux 2025. En parallèle de sa carrière sportive, il a étudié les sciences du sport, avec la musicologie
en branche mineure, à l’Université de Berne. Aujourd’hui, il s’engage comme ambassadeur de PluSport, qui promeut le sport pour les ­personnes en situation de handicap, du niveau populaire jusqu’au sport d’élite.

https://aron-fahrni.ch/

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