4 min 10 juin 2024 News

Satisfaction face au «non» au frein aux coûts

Le peuple suisse s’est clairement prononcé contre l’introduction d’un frein aux coûts dans notre système de santé. Aide et soins à domicile Suisse et les autres membres du comité «Non à l’initiative sur le frein aux coûts» se réjouissent de ce résultat.

RED. 62,8% des votantes et votants ont rejeté l’initiative populaire «Pour des primes plus basses. Frein aux coûts dans le système de santé (initiative pour un frein aux coûts)». Ce résultat signifie que la Suisse est attachée à des soins de qualité pour toutes et tous. En tant qu’association faîtière et membre du comité «Non à l’initiative sur le frein aux coûts», Aide et soins à domicile Suisse se réjouit du résultat de la votation du dimanche 9 juin 2024: «Ce résultat confirme un attachement à des soins de haute qualité, accessibles à toutes et tous. Il s’agit maintenant de préserver notre système de santé de futures pénuries et de procéder de manière ciblée pour continuer à en améliorer l’efficience et en maîtriser les coûts, tout en répondant pleinement aux besoins de la population», écrivait l’association faîtière le jour du scrutin sur ses canaux de communication, notamment Facebook.

Aperçu du résultat de la votation sur l’initiative «Frein aux coûts». Graphique: OFS

Le comité se réjouit
«L’introduction d’un mécanisme de frein aux coûts aurait gravement impacté le système de santé», a indiqué le comité «Non à l’initiative sur le frein aux coûts» dans un communiqué de presse peu après l’annonce du résultat de la votation. Non seulement les coûts n’auraient pas diminué, mais une fois le rigide et irréaliste plafond budgétaire atteint, les patient⸱es n’auraient plus eu aucune garantie de prise en charge des prestations normalement couvertes par l’assurance de base, dont ils et elles auraient pourtant continué à avoir besoin. Des rationnements arbitraires des soins et des délais de prise en charge prolongés auraient été la conséquence inéluctable de cette initiative néfaste. Les votantes et votants ont clairement exprimé dans les urnes qu’ils partagent cette inquiétude. Sébastien Jotterand, co-président de Médecins de famille et de l’enfance Suisse (mfe), est cité comme suit: «La population a nettement rejeté cette dangereuse attaque contre l’accès aux soins. Je suis soulagé.»

La pénurie menace
Au cours de cette campagne, les partisans et les opposants à l’initiative se sont au moins accordé sur un point: les soins de base doivent être renforcés. Et il est possible de construire là-dessus. Les soins de premier recours doivent être efficients et guider adéquatement les patient⸱es dans le vaste univers de la santé. Une meilleure coordination de ces prestations permettra à l’avenir de renforcer la qualité et l’économicité du système.
Le plus grand danger qui se profile dans l’immédiat est toutefois la pénurie de personnel qualifié. «Nous devons agir maintenant pour éviter la menace grandissante d’une pénurie de soins», alerte Sébastien Jotterand. Malheureusement, la sphère politique n’a pas encore suffisamment pris conscience de l’ampleur de ce problème. Dans le secteur stationnaire, ce sont surtout les soins qui sont concernés et des fermetures de lits ont lieu régulièrement. Dans l’ambulatoire, le manque de personnel soignant, de pharmaciens, de médecins de famille, de pédiatres ou encore de psychiatres est la principale source d’inquiétude. Aujourd’hui déjà, un cabinet sur trois ne peut plus accepter de nouveaux patient⸱es.
Le secteur de la santé est complexe et très fragmenté, tant sur le plan de l’organisation que de la réglementation. Les exigences administratives croissantes mobilisent notamment de plus en plus de ressources qui ne peuvent pas être allouées à la mission primaire des organisations de soins: soigner la population. Ce ne sont pas de nouvelles réglementations qui sont nécessaires, mais la volonté de tous les acteurs – y compris politiques – d’aller les uns vers les autres. Il faut des solutions globales et partenariales, ainsi qu’un désencombrement règlementaire pour donner l’amplitude nécessaire à leur mise en œuvre. De nombreuses opportunités s’offrent actuellement à cet égard, par exemple une tarification équitable et moderne ou le transfert des traitements stationnaires vers l’ambulatoire.

Pour en savoir plus sur le résultat du vote:
https://votations.admin.ch/fr/overview

Pour en savoir plus sur le comité du non:
https://frein-aux-couts-non.ch/

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