La formation dans l’Aide et soins à domicile convainc de plus en plus de personnes

Les organisations d’aide et de soins à domicile de tout le pays proposent des formations professionnelles et variées. En introduction au thème central «Les différentes formations de l’Aide et soins à domicile» de cette édition, le «Magazine ASD» a interrogé deux expertes sur les avantages et les défis de la formation en soins infirmiers au sein de l’Aide et soins à domicile (ASD).

1 Quelles formations propose l’ASD?
1.1 L’apprentissage d’ASSC est-il encore adapté à la pratique?
1.2  Quelle est la différence entre les infirmières et infirmiers diplômés ES et HES?

2 Quels sont les atouts d’une formation au sein de l’ASD?
2.1 Pourquoi les entreprises devraient-elles former leur propre personnel?
2.2 Pourquoi les personnes en formation devraient-elles choisir l’ASD?

3 Quelles évolutions façonnent la formation dans l’ASD?

4 Le personnel sans formation a-t-il un avenir au sein de l’ASD?

Sybilla Maggio (de g. à dr.), Christina Legler, Gianluca Tescari et Leonie Rüegg sont des apprentis de Spitex Glarus Süd. Photo: Natalie Melina Fotografie

KATHRIN MORF. Ci-après, vous trouverez un résumé de ce que deux expertes ont rapporté dans leurs interviews respectives sur les avantages et les défis liés aux différentes formations dans l’ASD: Franziska Adam, infirmière diplômée ES avec un MAS en gérontologie, est responsable des dossiers Formation et Soins au sein d’Aide et soins à domicile Suisse. Tamara Renner est économiste de formation, également titulaire d’un MAS en gérontologie, et dirige l’organisation d’ASD de la ville de Lucerne depuis plus de 19 ans, en co-direction depuis 2023.

Les organisations d’ASD proposent très fréquemment un apprentissage d’assistante ou d’assistant en soins et santé communautaire (ASSC) avec certificat fédéral de capacité (CFC), qui relève du degré secondaire II (voir graphique). Elles proposent aussi de plus en plus souvent de suivre des études d’infirmière diplômée ou d’infirmier diplômé, tant au niveau Ecole supérieure (ES), qui se situe au degré tertiaire B, qu’au niveau Haute école spécialisée (HES), qui relève du degré tertiaire A. En Suisse romande, les infirmières et infirmiers diplômés ES sont rares, car il existe uniquement des écoles supérieures en soins infirmiers à St-Imier (BE) et Monthey (VS). Nous nous concentrerons ici sur l’apprentissage d’ASSC et les études d’infirmière ou infirmier ES et HES, qui ne sont de loin pas les seules formations proposées par l’ASD. Par exemple, certaines organisations misent aussi sur l’apprentissage d’aide en soins et accompagnement AFP, de gestionnaire en intendance CFC et de commerce CFC.

Vue d’ensemble des différentes voies de formation professionnelle – y compris dans le domaine des soins – selon le système suisse de formation. Graphique: OdASanté

1.1 L’apprentissage d’ASSC est-il encore adapté à la pratique?
Dans le cadre du projet «Titres de formation dans les soins»1, l’organisation de branche OdASanté (voir encadré) a analysé l’apprentissage d’ASSC introduit en 2004. Une «discordance» dans le quotidien professionnel entre les qualifications et l’attribution des tâches a été constatée. Cela signifie notamment que les ASSC se voient attribuer plus de responsabilités dans les soins quotidiens que ne le prévoit leur formation. Dans certaines organisations d’ASD, des voix s’élèvent pour demander un élargissement des compétences des ASSC: dans les situations de soins stables, les ASSC devraient pouvoir prendre en charge la gestion de cas. «Nos ASSC devraient pouvoir prendre des responsabilités là où ils le peuvent et s’en sentent capables», affirme Tamara Renner. «De manière générale, et plus encore au vu de la pénurie de personnel qualifié, je plaide pour que les soins infirmiers s’éloignent de l’idée que ‹seul› le diplôme est déterminant pour assumer des tâches et des responsabilités. Le professionnalisme dans les soins implique beaucoup de compétences qu’un diplôme ne garantit pas – comme la capacité de décision, la flexibilité, la créativité, la volonté d’apprendre, l’empathie, la capacité de communication, la résistance au stress – sans oublier l’affinité avec les prestations de prise en charge», explique-t-elle. «Par ailleurs, l’être humain n’apprend pas seulement par la formation scolaire, mais avant tout en agissant. Nos ASSC devraient donc pouvoir prendre en charge des situations de soins dans lesquelles il est possible d’acquérir des compétences supplémentaires, si besoin, en étant accompagnés.» De plus, selon Tamara Renner, les ASSC devraient pouvoir acquérir des compétences supplémentaires dans le cadre de formations continues. «Par exemple, en suivant une formation sur le contrôle des processus, ce qui est déjà possible dans les soins stationnaires de longue durée.»

Selon Franziska Adam, une telle extension des compétences nécessiterait une modification de la loi, car la loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal) ne permet pas aux ASSC d’assumer des prestations A telles que l’évaluation des besoins et la coordination. «Dans le cadre de la révision ASSC en cours2, les personnes concernées doivent toutefois bien réfléchir aux conditions dans lesquelles les ASSC peuvent assumer la gestion de cas. En effet, il y a de très jeunes ASSC qui n’ont par exemple pas l’expérience nécessaire pour réagir à temps et correctement face à l’apparition subite de nouveaux symptômes. Il est donc primordial que les ASSC soient bien formés par rapport à de nouvelles compétences. Il importe de veiller à ce qu’il n’y ait pas de surmenage dans le travail quotidien, ce qui pourrait nuire à la qualité des soins.»

1.2 Quelle est la différence entre les infirmières et infirmiers diplômés ES et HES?
La voie vers les études ES, très axées sur la pratique, passe généralement par un apprentissage – la voie vers les études HES, à orientation scientifique, passe en revanche par une maturité ou, plus rarement, par un diplôme ES en soins infirmiers. Malgré ces conditions préalables et ces orientations différentes, il est nécessaire d’améliorer la distinction entre les deux filières, selon le rapport «Compétences nécessaires à l’avenir dans les soins de longue durée de niveau tertiaire»3. Dans la pratique, il n’y aurait guère de différences au quotidien entre les profils professionnels. «Les infirmières et infirmiers diplômés HF sont plutôt orientés vers la pratique après leur formation, tandis que ceux diplômés FH se concentrent plus sur la théorie appliquée. Mais après un certain temps de pratique, les profils se rapprochent et s’inspirent mutuellement», indique Tamara Renner. Dans le rapport «Titres de formation dans les soins», il est demandé que les infirmières et infirmiers ES puissent suivre des études HES avec moins de contraintes et à un coût moins élevé qu’aujourd’hui. «La formation continue dans une haute école spécialisée, qui dure aujourd’hui deux ans, pourrait être rendue plus accessible aux infirmières et infirmiers ES et être raccourcie», confirme Franziska Adam. «Cette évolution ne doit toutefois pas aller jusqu’à assimiler les études ES aux études HES. Les infirmières et infirmiers diplômés HES sont beaucoup mieux préparés à des tâches d’ordre supérieur, à orientation scientifique, telles que l’assurance qualité et la gestion des erreurs.»

Comment ASD Suisse s’engage autour de la formation
Un projet de la commission de formation d’Aide et soins à domicile Suisse (ASD Suisse) est la révision en cours des 17 profils de qualification présents dans l’ASD, qui fera l’objet d’un article dans le «Magazine ASD» dès que les résultats seront disponibles. ASD Suisse s’engage intensivement sur le thème de la formation et est représentée au comité de l’OdASanté – ainsi que dans différentes commissions qualité et développement, que ce soit par ses propres collaboratrices et collaborateurs ou par des délégués issus de la pratique. En outre, ASD Suisse est membre de la Conférence tripartite de la formation professionnelle (CTFP), qui fait office de trait d’union entre le niveau opérationnel et le niveau politique de la formation. La faîtière est aussi impliquée dans des révisions d’ordonnances relatives à la formation professionnelle– elle l’est actuellement dans la révision ASSC. Enfin, ASD Suisse collabore étroitement avec les responsables de la formation professionnelle d’associations comme ARTISET, H+ et l’Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI).

→ www.aide-soins-domicile.ch/Monde-ASD/Formation/

2.1 Pourquoi les entreprises devraient-elles former leur propre personnel?
Franziska Adam est convaincue par la devise «Aucune entreprise n’est trop petite pour être une entreprise formatrice». «Les petites organisations d’aide et de soins à domicile qui ont peu de ressources à consacrer à la formation peuvent s’associer à d’autres organisations d’aide et de soins à domicile, à des EMS et à des hôpitaux pour former des associations de formation», explique-t-elle. L’avantage pour les entreprises de proposer une formation interne est que les apprentis et les étudiants apprennent à connaître le cadre de l’ASD et restent au sein de l’ASD s’ils s’y plaisent.

En 2013, Lucerne a été le premier canton à introduire une obligation de formation pour les professions de la santé. Pour Tamara Renner, cependant, il est tout à fait naturel que son organisation forme elle-même ses propres professionnels. En 2023, celle-ci comptait 25 étudiantes et étudiants ES, 26 personnes en formation ASSC et une apprentie de commerce. «Compte tenu de la pénurie de personnel qualifié, il est plus important que jamais que les organisations d’aide et de soins à domicile forment elles-mêmes leur personnel», souligne la directrice de l’organisation d’ASD de la ville de Lucerne, qui emploie environ 350 personnes. «De plus, une organisation apprend également beaucoup par ce biais et devient attractive pour les collaboratrices et collaborateurs de tous âges, car les personnes en formation apportent à l’entreprise un grand savoir-faire actuel ainsi qu’une pensée jeune avec de nouvelles approches.»

2.2 Pourquoi les personnes en formation devraient-elles choisir l’ASD?
La nouvelle campagne d’image d’Aide et soins à domicile Suisse thématise différents aspects qui rendent la formation dans l’ASD attrayante pour les personnes en formation – par exemple une grande polyvalence, de vastes connaissances spécialisées ainsi que la proximité avec les clientes et les clients (https://www.qualite-des-soins.ch). «La formation au sein de l’ASD est centrée sur l’individu et son environnement et permet de vivre des moments riches et variés», se félicite Tamara Renner. «Les personnes en formation apprennent aussi beaucoup, soignent les gens au cœur de leur cadre de vie et peuvent aussi être créatives.» Au sein de l’organisation d’ASD de la ville de Lucerne, la formation est particulière parce qu’elle se déroule au sein d’équipes organisées de manière autonome. «Ce modèle s’adresse en particulier aux personnes qui ont envie de se découvrir davantage, de s’épanouir et de tenter des approches créatives.»

Les atouts de la formation au sein de l’Aide et soins à domicile sont une grande autonomie, une collabo­ration interprofessionelle fréquente, des perspectives d’avenir et un processus de soins holistique.

Franziska Adam

Dossiers Formation et Soins, ASD Suisse

Franziska Adam énumère d’autres avantages relatifs à la formation au sein de l’ASD. «Les aspects centraux sont une grande autonomie, une collaboration interprofessionnelle fréquente, des perspectives d’avenir et un processus de soins holistique», dit-elle. De nombreuses personnes qui changent de voie se décident également pour une formation dans l’ASD – souvent à la recherche de plus de sens et d’humanité dans leur travail.

Les évolutions suivantes influencent l’activité de formation de l’ASD et entraînent des défis spécifiques:

  • Numérisation et technologisation: Dans le cadre du projet «Titres de formation dans les soins», des scénarios de tendances dans la formation en soins infirmiers ont été développés. Parmi ceux-ci figure «l’intensification de l’échange d’informations au moyen d’outils numériques et du recours à l’intelligence artificielle dans les soins et l’accompagnement centrés sur les patients et les patientes». «Pour faire face à cette évolution, les compétences liées à l’utilisation des nouvelles technologies doivent être davantage enseignées dans le cadre de la formation», indique Franziska Adam.
  • Formation professionnelle sous la contrainte du temps: «Pour une bonne formation, il est essentiel que les responsables de la formation ainsi que les formateurs et formatrices et l’équipe s’engagent avec plaisir», précise Tamara Renner. Il importe donc – malgré un manque de personnel et des absences pour cause de maladie – que toutes les personnes impliquées disposent de suffisamment de temps pour accomplir cette tâche importante.
  • Académisation: «Afin de maîtriser la complexité croissante, l’ASD doit former et engager une part toujours plus grande de professionnels des soins diplômés», est convaincue Franziska Adam. Parmi eux figurent les infirmières et infirmiers ES et HES, mais aussi les experts et expertes en soins infirmiers APN ayant une formation de niveau master voire supérieure (voir «Magazine ASD» 2/2024), ainsi que les spécialistes tels que les expertes et experts en soins en psychiatrie ou en soins palliatifs EPS. «Ce qui est nécessaire, ce n’est pas une académisation complète de l’ASD, mais un bon mélange de compétences et de niveaux pour chaque organisation», souligne-t-elle. Tamara Renner considère également l’académisation des soins d’un œil critique: «Les exigences croissantes en matière de formation formelle des soignantes et des soignants ne doivent pas empêcher d’assurer un jour les soins. En particulier chez les personnes à domicile, les soins nécessitent un équilibre sain entre les connaissances spécialisées et une approche pragmatique, quoique sûre.»
  • Obligations de formation: Selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), 16 cantons ont déjà introduit une obligation de formation pour l’ASD. Le canton de Thurgovie instaure actuellement une telle obligation. «Il serait juste que toutes les entreprises d’ASD qui ne forment pas de personnel qualifié versent des compensations – même celles sans contrat de prestations», déclare Franziska Adam à ce sujet.
  • Recrutement difficile: «On me dit souvent que le recrutement de bons apprentis est de plus en plus laborieux», relève Franziska Adam. Cela s’explique par le fait que la lutte pour les apprentis est grande. «C’est pourquoi il faut faire connaître encore mieux le professionnalisme et la diversité de la formation dispensée au sein de l’ASD. Et disposer de moyens financiers suffisants pour que les salaires de formation de l’ASD correspondent à ceux des hôpitaux.» La maturité professionnelle pour les apprentis ASSC devrait également être rendue plus accessible au sein de l’ASD, cela étant important pour beaucoup de jeunes ayant obtenu de bons ­résultats scolaires. Enfin, l’ASD pourrait essayer d’améliorer le recrutement d’hommes: selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), environ 13 500 personnes suivaient une formation initiale dans le domaine des soins et de l’obstétrique en 2022 – dont seuls 15% d’hommes.
  • Ambulantisation: Comme les prestations de santé se déplacent de plus en plus du stationnaire vers l’ambulatoire, la formation en soins infirmiers doit, selon le rapport «Titres de formation dans les soins», prendre davantage en compte le cadre ambulatoire. «Jusqu’à présent, la formation scolaire s’est fortement focalisée sur la perspective professionnelle des soins en milieu hospitalier», déclare Tamara Renner. «Or, au sein de l’ASD, nous avons besoin d’employés ouverts à la diversité de l’être humain. J’aimerais que cela soit davantage intégré dans la formation – de même que des sujets tels que le développement du potentiel, le travail systémique, l’encadrement, les connaissances en gestion d’entreprise et la coordination du travail quotidien.»
  • Formation intégrée: Plusieurs rapports, comme le Rapport national sur le personnel de santé 20214, indiquent clairement que l’avenir appartient aux offres de formation interprofessionnelles. En effet, les soins intégrés gagnent en importance. «Les approches intégrées dans la formation devraient donc être davantage encouragées et mieux financées», relève Tamara Renner.
  • Révisions lentes: «Les révisions en matière de formation peuvent prendre jusqu’à sept ans, ce qui est très long. C’est le cas pour la révision ASSC en cours», critique Franziska Adam. Comme le quotidien des soins évolue très vite, elle ne plaide pas seulement pour des révisions plus rapides – des formations continues ciblées sont également essentielles pour que l’ASD puisse répondre aux exigences du secteur de la santé qui changent rapidement.
  • Financement difficile: Le rapport «Mise en œuvre de l’initiative sur les soins infirmiers: état des lieux de la législation cantonale» 5 critique le financement en partie insuffisant pour la formation en soins infirmiers. Pour les ASSC qui entament une formation ES, la perte de salaire est élevée, ce qui constitue un problème central. La première étape de mise en œuvre de l’initiative sur les soins infirmiers 6, qui est en cours, promet d’améliorer la situation. «Dans le canton de Lucerne, les salaires pour la formation tertiaire ont déjà été augmentés, ce qui représente un soulagement», indique Tamara Renner. «Mais la formation coûte en général très cher aux entreprises, notamment en ce qui concerne l’accompagnement des personnes en formation et la garantie d’une qualité de formation élevée. Pour ces dépenses, l’ASD doit également être indemnisée de manière appropriée.»
  • Besoin croissant en matière de formation: Des tendances telles que le vieillissement de la population et l’ambulantisation entraînent une augmentation des besoins en personnel qualifié dans le domaine des soins à domicile. Selon l’Observatoire suisse de la santé (Obsan), l’ASD pourrait avoir besoin de plus de 12 000 employés supplémentaires d’ici 20307. «Ces dernières années, l’ASD a fortement augmenté son activité de formation et la mise en œuvre de l’initiative sur les soins infirmiers assure actuellement une offensive de formation», explique Franziska Adam. «Mais pour couvrir les besoins en personnel qualifié, d’autres mesures sont nécessaires, comme l’amélioration des conditions de travail.»

Dans certaines régions, l’ASD n’emploie pas d’auxiliaires de santé pour les soins de base et l’accompagnement, dans d’autres, oui; et dans certaines organisations et associations, on demande même que les auxiliaires de santé puissent à l’avenir administrer des médicaments et prendre les constantes. «Pour moi, il est clair que nous devrions et devons employer des auxiliaires de santé», souligne Tamara Renner. «Je suis aussi convaincue que les auxiliaires de santé peuvent très bien acquérir des compétences supplémentaires grâce à une bonne formation et un bon accompagnement. Si besoin, elles peuvent en outre – comme c’est le cas dans les soins stationnaires – faire appel à une ASSC ou à une infirmière. Je fais confiance à un grand nombre d’auxiliaires de santé qui sont capables d’évaluer quand cela est nécessaire.»

Je plaide pour que les soins infirmiers s’éloignent de l’idée que ‹seul› un diplôme est déterminant pour assumer des tâches et des responsabilités – surtout au vu de la pénurie de personnel qualifié.

Tamara Renner

Co-directrice, ASD de la ville de Lucerne

Franziska Adam est aussi convaincue de l’importance des auxiliaires de santé dans le cadre des soins à domicile. «Il faut toutefois tenir compte du fait que les auxiliaires de santé n’ont pas suivi de formation formelle, mais seulement un cours de 120 heures d’apprentissage et un stage de deux semaines.» Aide et soins à domicile Suisse estime qu’une extension des compétences des auxiliaires de santé est possible aux conditions suivantes: la formation continue correspondante, nécessaire à une telle extension, doit être clairement définie. Et les bases doivent être créées pour que ces prestations puissent aussi être facturées. «Cela ne signifie pas pour autant que les auxiliaires de santé ne peuvent pas élargir leurs compétences d’ici là. Car cela est déjà possible aujourd’hui grâce à l’apprentissage d’ASSC en deuxième voie de formation, qu’il s’agisse de la formation de trois ans – ou de celle raccourcie de deux ans, à condition qu’elle soit proposée par les prestataires de formation respectifs», conclut-elle. «Les organisations d’aide et de soins à domicile devraient encourager l’entrée dans le système de formation formel des soins infirmiers et motiver leurs auxiliaires de santé à entreprendre la formation d’ASSC.»

Comment l’OdASanté soigne les soins infirmiers
L’OdASanté est l’organisation faîtière nationale du monde du travail de la santé. Elle est responsable des conditions cadres de la formation en soins infirmiers conjointement avec le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI). Pour le «Magazine ASD», l’OdASanté décrit son engagement en faveur des soins infirmiers comme suit: «L’ambition de l’OdASanté est de fournir à la branche suffisamment de personnel qualifié. L’engagement de l’association doit donner une voix à la formation professionnelle dans le domaine de la santé, l’aider à gagner en visibilité, créer de bonnes conditions cadres et mettre à disposition des bases de formation actuelles.» Cet engagement se manifeste à plusieurs niveaux: l’OdASanté participe à des initiatives et des campagnes nationales comme celle pour les soins de longue durée en collaboration avec ARTISET et Aide et soins à domicile Suisse (soins-longueduree.ch). Elle met également en valeur les métiers de la santé via sa propre marque professionsante.ch. Cette plateforme sert de vitrine et de point de contact pour les jeunes et les personnes en reconversion. L’OdASanté offre aussi une vitrine aux ASSC en organisant tous les deux ans des championnats professionnels dans le cadre des SwissSkills. Par ailleurs, elle joue un rôle actif dans l’élaboration et la révision des ordonnances sur la formation du degré secondaire 2 et au niveau tertiaire. Elle s’assure ainsi que la formation en soins infirmiers répond aux besoins de la branche et suit les connaissances les plus récentes. Divers partenaires des soins sont impliqués dans ce processus afin de garantir un engagement commun. A travers le projet «Titres de formations dans les soins», l’OdASanté soutient le développement des professions de la santé et leur harmonisation. L’attention se porte notamment sur la mise en place de nouveaux examens professionnels et examens professionnels supérieurs (EPS), dont l’EPS en soins d’oncologie ou en conseil spécialisé en diabétologie. Selon l’OdASanté, ces spécialisations permettent aux infirmières et infirmiers d’être à la hauteur d’exigences ­variées et spécifiques et d’assumer des tâches spécialisées dans leur entreprise.www.odasante.ch/fr

→ www.odasante.ch/fr

  1. www.odasante.ch/fr/actualite/projet-titres-de-formation-dans-les-soins-rapport-final/#content ↩︎
  2. www.odasante.ch/fr/actualite/lancement-de-la-revision-totale-des-prescriptions-sur-la-formation-assc/#content ↩︎
  3. Eichner, Manuela et al. 2022: «Compétences dans le domaine des soins de longue durée». Rapport final en allemand (avec résumé en français) à l’attention de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), disponible sous www.bag.admin.ch/bag/fr/home.html ↩︎
  4. Merçay, C., Grünig, A. & Dolder, P. (2021). Personnel de santé en Suisse – Rapport national 2021. Effectifs, besoins, offre et mesures pour assurer la relève (Rapport Obsan 03/2021). ↩︎
  5. Stosic, N., Sottas, B. 2022: «Mise en œuvre de l’initiative sur les soins infirmiers: état des lieux de la législation cantonale» (en allemand avec résumé en français). ↩︎
  6. La 1ère étape de la mise en œuvre de l’initiative sur les soins infirmiers comprend une offensive de formation qui vise à garantir le niveau de vie des personnes en formation ES/HES et augmenter le nombre de diplômes tertiaires. La 2ème étape se concentrera sur des sujets tels que les conditions de travail, le développement professionnel et la rémunération des prestations de soins. ↩︎
  7. www.obsan.admin.ch/fr/themes-de-sante/professionnels-de-sante/personnel-soignant ↩︎

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